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Le pianiste montréalais Andrés Vial a dédié plus de dix ans de sa carrière à l’étude des compositions de Thelonious Monk; soit par de la recherche, de la pratique individuelle ou des performances en concert. En automne 2017, comme le centième anniversaire de Monk approchait, il décida qu’il était enfin temps de documenter ses trouvailles et ce, en compagnie de Peter Bernstein, un guitariste de renom et spécialiste de Monk, ainsi que deux sections rythmiques différentes. Sphereology Volume One (un clin d’oeil à Sphere, le second prénom de Monk) est le quatrième album de Vial - et comme en indique le titre, le premier d’une série consacrée au répertoire du légendaire pianiste et compositeur. 

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“C’est un projet sur lequel je travaille depuis très longtemps”, raconte Vial. “Déjà en 2005, j’organisais le Thelonious Monk Festival à Montréal où, durant quatre soirées consécutives, mon groupe ne jouait que des compositions de Monk. J’ai transcrit plus de 50 de ses pièces pour ces concerts et le festival a duré 4 ans.”

Le contrebassiste Martin Heslop et le batteur André White, deux musiciens montréalais ayant travaillé avec Vial sur ce festival forment l’une des deux sections rythmiques figurant sur Sphereology. L’autre étant constituée du contrebassiste Dezron Douglas et batteur Rodney Green, deux célèbres musiciens new-yorkais.

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Vial a joué avec Bernstein pour la première fois en 2016 lors du Festival International de Jazz de Montréal, puis quelques mois plus tard à l’OFF Festival de Jazz. Toutefois, sa présence est cruciale au succès de Sphereology. Acclamé par Josef Woodard dans le JazzTimes pour “son profond respect de la musique jouée” et pour sa capacité à “apporter de la dignité et de l’énergie à tout ce qu’il touche”, le guitariste possède une connaissance approfondie de Monk qui va beaucoup plus loin que les quelques compositions qui sont devenues des standards populaires.

Andrés Vial est né le 25 janvier 1979 à Montréal. Son père était un pianiste classique amateur et depuis son plus jeune âge, Andrés s’est mis à improviser des petites chansons au piano. Il commença éventuellement à prendre des leçons, mais n’était pas intéressé à apprendre à lire la musique. “J’écoutais mon professeur jouer la pièce et je l’apprenais à l’oreille, pas avec la partition.”

Il a aussi fait son éducation à l’aide des albums de musique classique, latine et populaire qu’il trouvait un peu partout dans la maison, jusqu’au jour où, à 11 ans, sa mère l’introduisit à l’album Blue Train de John Coltrane. “J’étais renversé” dit-il. “Cet album a complètement changé le cours de ma vie et je suis resté obsédé par celui-ci pour plusieurs années à venir.” Il a joué du piano dans les groupes de jazz de ses écoles primaire et secondaire, puis commença également à apprendre à jouer de la batterie et du vibraphone.

Andrés a étudié la batterie jazz et les percussions classiques au Cégep Vanier de Montréal, pour ensuite compléter un diplôme à l’école new-yorkaise The New School en piano jazz. Parmi ses professeurs, nous comptons Bill Charlap, Hal Galper, Joe Chambers et Buster Williams.

 Suivant sa graduation, Andrés retourne à Montréal. En plus de travailler sur la scène jazz, il devient membre du Kalmunity Vibe Collective - une organisation populaire regroupant des musiciens oeuvrant dans l’univers de la musique noire à travers le monde. C’est dans cette communauté qu’il rencontra Malika Tirolien (Snarky Puppy, Bokanté) et se joint à son groupe.

En 2007, Tirolien est apparu sur son premier album "Trio/Septet", qui a été suivi par "The Infinite Field" en 2011 et "conception/oblivion" en 2015. Sa fidélité esthétique en rapport à la vision de Monk ne provient donc pas d’un manque d’audace, mais bien d’une reconnaissance du fait que celle-ci est complète en soi et ne devrait pas faire l’objet d’une élaboration plus poussée.

“Les pièces de Monk sont déjà parfaites” argue-t-il. “Il est impossible de séparer la mélodie du concept rythmique et accords dans chacune de ses compositions. Bien entendu, on ne veut pas seulement reproduire la façon dont Monk joue les accords tout le temps; il faut trouver notre propre façon de jouer la pièce.”

 “Je vois ça comme un processus en deux étapes,” explique Vial. “Premièrement, il faut étudier en profondeur la musique de Monk, et deuxièmement, trouver une façon de faire ressortir une voix qui nous est propre à travers celle-ci. Cela décrit précisément l’objectif du projet Sphereology.